Invitation à l’absolu du dialogue – partie II

(Invitation à l’absolu du dialogue – partie I)

Je veux donc maintenant supposer que par «absolu», on pouvait entendre autre chose que «vrai». Dans un monde où cette distinction existe, il y a donc plus d’un énoncé vrai. Mais y’a-t-il des énoncés faux? Bien entendu, il doit y en avoir, puisque pour affirmer qu’il y a une distinction entre la vérité et l’absolu, je suppose qu’il est faux que vérité est absolu soient identiques. Dans ce monde, je peux donc parler de choses supposées absolues avec vérité ou fausseté, et j’emploie les principes de la logique classique -enfin, je l’espère- pour déduire des énoncés vrais à partir d’autres énoncés supposément vrais.

Seulement voilà, qu’entendre par «absolu» dans le contexte de nos discussions, sinon lui attribuer le sens de «vrai»? Si j’ouvre mon Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, on m’indique plusieurs pistes: 

1) En grammaire, certains termes comme «homme», sont absolus, et d’autres comme «père», sont relatifs. 

Mais je crois qu’en posant (a), à savoir que le seul absolu, c’est qu’il n’y en a pas, on ne peut pas faire référence à des de tels termes, puisque le terme «homme» est un absolu et «qu’il n’y en a pas» ou «’il n’y a pas d’absolu’» n’est pas un terme dont on peut dire qu’il est absolu ou relatif.

2) On dit aussi de quelque chose qu’il est absolu, s’il est indépendant de tout repère ou de tout paramètre arbitraire. 

Or, je crois que la vérité d’un énoncé prétend bien posséder cette propriété. Dans quel cas, si un énoncé est vrai, alors il est absolu en ce sens. La question est bien entendu de savoir s’il y a tels énoncés absolus ou vrais. En logique, certains énoncés sont vrais, si d’autres sont vrais. Ainsi, il est vrai qu’une poule possède une dent, si il est vrai qu’elle possède des dents. Or, il est faux que les poules possèdent des dents, donc a fortiori une dent. Par contre, l’énoncé de l’implication qui va du pluriel au singulier, ici des dents à la dent, prétend être un exemple de tautologie, autrement dit un énoncé toujours vrai. Il est en effet indépendant de l’existence de poules ayant ou non des dents à titre de «paramètres» dans le «repère» qui est notre monde. Car quand bien même il n’existe pas de poules qui aient des dents, s’il en existait une, elle aurait une dent. 

En logique, d’autres énoncés qui font classiquement office de «principes» prétendent à cette même vérité absolue. C’est le cas du principe de non-contradiction:

(PNC)1 Un même énoncé ne peut pas être à la fois vrai et faux sous le même rapport.

Par exemple, il ne peut pas être à la fois vrai et faux que tu travailles, mettons, pour l’État. Certes, tu peux peut-être travailler pour l’État en un certain sens (donc sous un certain rapport), puisqu’il te rémunère, et ne pas travailler pour l’État en un autre sens (donc sous un autre rapport), puisque tu travailles peut-être dans le fond pour toi. Mais, il ne peut pas être à la fois vrai et faux que tu sois rémunéré par l’État, comme il ne peut pas être à la fois vrai et faux que tu travailles pour toi. En tous les cas, c’est ce que le principe de non-contradiction suppose ou prétend.

Ainsi en va-t-il également du principe du tiers exclu: 

(PTE) Soit un énoncé est vrai soit il est faux (il n’y a pas de tierce possibilité).

Par exemple, soit il est vrai que tu es rémunéré par l’État, soit il est faux que tu es rémunéré par le L’État; il n’y a pas d’autre possibilité.

De ces principes et tautologies, on peut déduire une infinité d’autres tautologies. Mais ce faisant, on ne prétend pas démontrer l’existence absolue de quoi que ce soit d’autre que ces tautologies. En revanche, quand on raisonne sur d’autres prétendants à l’existence, alors on le fait toujours hypothétiquement à partir de choses qu’on suppose exister, par exemple: 

(Centaures) S’il est vrai que les centaures existent sur terre et que les centaures sont des êtres vivants, et que les êtres vivants font des bulles, alors il est vrai qu’il existe des centaures qui font des bulles.

ou encore, 

(Cygnes) S’il est vrai que seuls des cygnes blancs existent sur terre, et que ce qui est blanc n’est pas noir, alors il n’existe pas de cygnes noirs sur terre.

Mais alors, qu’est-ce qui nous permet d’affirmer l’existence ou l’inexistence d’autre chose que des tautologies? Ce sont «les sens» ou «l’expérience», répondront la plupart des philosophes. Vérifier qu’il existe des cygnes blancs est par exemple possible. Vérifier que tous les cygnes sur terre sont blancs ou qu’il n’y n’existe pas de centaure est théoriquement possible, mais parfois pénible, surtout en ce qui concerne les centaures. On se contente donc, dans ces cas-là, d’une vérité d’existence ou de non-existence probable, comme c’est le cas pour l’énoncé: «Jamais il n’exista ni n’existera d’homme immortel.» Sauf que dans ce dernier cas, l’évaluation de la probabilité de la vérité de l’énoncé est rendue très difficile, si ce n’est impossible. Nous ignorons en effet les potentiels physico-biologiques de notre univers, comme le temps à sa disposition pour réaliser ces potentiels.

Image de Friedrich Nietzsche et équivalence entre non contradiction et tiers exclu sou sua supposition de la pertinence de la double négation
Friedrich Nietzsche à Bâle (c. 1885) et l’équivalence entre les principes de non-contradiction et du tiers exclu sous la supposition de la pertinence de la double négation (source : Wikipédia)

Le caractère absolu des principes de la logique a bien entendu été remis en question, notamment par mon ami Nietzsche, qui y voit, je cite, «une tendance à considérer le semblable comme identique – tendance illogique, car il n’y a rien qui fût en soi identique.» (Le Gai Savoir, §111)2 Si en effet, toute chose est singulière, alors tout lion, tout tsunami, tout flacon d’arsenic ne ressemble à un autre représentant de son genre, que par exemple sous le rapport de sa dangerosité pour l’homme, ou tout autre intérêt ou désintérêt qu’il peut leur porter. Or toujours selon Nietzsche, «la vie [ou la survie] n’est pas un argument: parmi les conditions de la vie pourrait figurer l’erreur.» (ibid., §121) Donc en soi, et non pour l’homme, un lion n’est pas un lion, et toutes les choses que nous désignons par quelque catégorie grammaticale que ce soit sont en soi absolument différentes les unes des autres. Or la logique présuppose, me semble-t-il, qu’il existe vraiment une ressemblance, c’est-à-dire un genre de chose, les énoncés, dont on peut affirmer qu’ils ont réellement la propriété d’être vrais ou faux. Chacune de mes affirmations en est un représentant particulier. Or, «sans pareils articles de foi, nul à présent ne supporterait de vivre!» (ibid.) insiste Nietzsche.

En ce qui me concerne, je crois que ce que dit Nietzsche est certes beau et intrigant, mais contradictoire. En effet, il faut noter que sa thèse se trouve justifiée par un raisonnement que je résumerais ainsi:

Si toute chose est en soi singulière, alors, puisque la logique présuppose l’existence de certaines ressemblances,  notamment les énoncés et leurs propriétés, et que celles-là ne sont que relatives aux intérêts de l’homme, alors la logique ne peut décrire adéquatement les choses en soi. 

Ici, de deux choses l’une. Soit Nietzsche ne se rend pas compte que son raisonnement présuppose la vérité des principes de la logique et l’ontologie implicite qu’elle véhicule (l’existence d’énoncés et des propriétés de fausseté et de vérité). Dans ce cas, il faudrait le rappeler à la raison. Soit il en a bien conscience, et ne fait qu’un enchaînement de bruits intrigants, mais beaux et puissants afin de nous réveiller d’une foi anesthésiante à caractère pratique. Je penche pour la seconde solution, et suggère que la seule vérité qui semble régner dans le monde de Nietzsche, c’est: 

(NTZSCH !) «Tout est singulier!» 

Que répondre à ceci, sinon suggérer que (Om̐), comme (NTZSCH !), pourraient eux aussi relever de l’article de foi…

Il y a bien encore une autre possibilité d’interpréter Nietzsche, je crois. C’est de distinguer dans la connaissance ce qui relève des énoncés et ce qui relève de l’intuition. Je dirais que pour Nietzsche, la logique, ses énoncés et leur bivalence ne peuvent avoir qu’un seul intérêt, à condition de ne pas se laisser endormir par son ontologie: elle doit conduire à tailler nos intuitions, afin que celles-ci ne concernent que le singulier ou l’ «absolument» multiple, ce qui ne se laisse ramener à aucune unité. De telles intuitions ne peuvent donc servir ni à accuser ni à nier, ce qui présuppose toujours une sorte de modèle et des critiquables prétendants, mais uniquement à «apprendre à aimer» (ibid., §334). Or cet amour qui veut se porter sur le plus de choses possible, on peut l’apprendre des artistes, «force subtile qui finit ordinairement [pour eux] là où finit l’art et où commence la vie.» (ibid., §299) Ainsi, les «poètes de la vie» (ibid.) voudront apprendre à «considérer la nécessité dans les choses comme le Beau en soi: – ainsi [ils seront parmi] ceux qui embellissent les choses .» (ibid., §276) «Détourner le regard, que ceci soit [leur] seule négation!»

C’est cette interprétation qui fait de Nietzsche mon ami. Elle est en un sens conciliable avec la précédente, mais insiste cette fois-ci sur le fait que l’intuition seule peut nous fournir d’autres vérités que (NTZSCH !), vérités dont la «vérité»» de (NTZSCH !) ne fait en fait que symboliser ou indiquer la direction. Ce qui me paraît néanmoins important dans cette perspective, c’est de ne pas abandonner toute logique. Elle reste un outil de construction qui ne se distingue peut-être des ses matériaux, les sensations ou pensées singulières, que par le nom, substantif qui ne désigne rien de réel, comme Nietzsche y insiste. Néanmoins, la logique peut se pratiquer «comme si» les substantifs, les verbes, les relations et adjectifs référaient à des abstraits existants. 

Comme je l’ai dit en introduction, une croyance profonde que j’ai sur ce sujet, c’est que c’est une condition sine qua non du dialogue, qu’il soit mené à deux ou avec son intime, qu’il soit scientifique ou éthique. Or, ce dialogue me semble être de la toute première importance pour l’homme qui vit en société. Je crois que c’est ce que sous-entendait Aristote qui définissait l’homme par son logos, «l’homme est un animal politique, et que celui qui est hors cité (…) est soit un être surhumain [un dieu], soit un dégradé [un bête] (…) sans lignage, sans loi, sans foyer.» (Les Politiques, I.2, 1252a) Je crois que Nietzsche, qui pourtant prônait un surhomme, pratiquait en ce sens un dialogue intime dont ses textes sont les traces. Je le reconnais comme mon ami, parce que c’est «comme si» ce qu’il disait me concernait aussi. Aurait-il publié sinon?

Je dirai plus loin quelques mots qui me semblent plaider en faveur de la logique, aussi fictive puisse-elle être en réalité. Pour l’instant, je me contenterai d’avoir essayé de mettre en lumière les implications qu’elle me suggère sur le sujet qui m’occupe.

(Invitation à l’absolu du dialogue – partie III)

 

Notes :

1. Il s’agit là de mon interprétation de ce principe qu’on formalise volontiers par  «non(p et non-p)», où p est une proposition, c’est à dire le représentant en langage formel d’un énoncé en langage naturel. En ce qui concerne le principe du tiers exclu «p ou non-p» (qui suit), il s’agit là aussi de mon interprétation.

2. Mes citations proviennent de la traduction de Pierre Klossowski, qui est la plus belle que j’aie lu, à défaut d’être peut-être la plus «vraie».

Invitation à l’absolu du dialogue – dernière partie

(Invitation à l’absolu du dialogue – partie III)

5) Est absolu, ce qui existe en soi et qui existe indépendamment de la représentation qu’on peut en avoir. 

Aujourd’hui un physicien comme Carlo Rovelli1 travaille sur la gravité quantique à boucle, théorie rivale de la théorie des cordes. Ces théories tentent toutes deux de concilier la physique macroscopique de la relativité avec la physique quantique des particules. Ces représentations, tu t’en doutes bien, je n’en saisis au mieux que les traits les plus saillants. Parmi ces traits, Carlo Rovelli, dans ses Sept brèves leçons de physique, avance l’idée que le temps n’existe pas, qu’il n’existe qu’à notre échelle, pour nos cerveaux. Il croit que nous avons l’impression que le temps s’écoule, parce que nous sommes finis, ou tout du moins que notre cerveau fait des moyennes statistiques puisque nous sommes fondamentalement ignorants. Cette représentation du monde suppose toutefois que ce qu’elle décrit existe indépendamment d’elle. En ce sens, les physiciens ont bien un absolu. Ils ne prétendent pas pouvoir le connaître entièrement, mais espèrent le décrire adéquatement avec des équations. 

Le statut des mathématiques dans la connaissance est si intéressant, si important et si étrange. Car vois-tu, si tu souscris à l’idée que quand bien même il n’y aurait plus personne, ni aucun être conscient pour se représenter l’univers, alors il y resterait bien une qui chose continuerait d’exister (l’univers privé toutes ces consciences). Et si tu crois aussi que cette chose n’est pas deux choses (en tous les cas pas sous le même rapport), car 1 est différent de 2, alors tu souscris implicitement à une sorte de réalisme, qui fait des mathématiques un outil adéquat pour se représenter au moins partiellement le monde indépendamment de nos représentations. Si tu ne crois pas à tout ça, alors tu souscris peut-être implicitement à une forme d’idéalisme, qui estime que ce qu’on peut connaître, ce ne sont que nos représentations ou plus généralement nos pensées. Parmi ces idéalistes, il y a le fameux Berkeley qui posait que tout était soit esprit, soit perception, et que tous deux pouvaient être connus. Un arbre qui n’était perçu par personne devait continuer à être perçu par Dieu, cet absolu sans qui les choses (les sujets et leurs perceptions) n’auraient aucune permanence dans le temps. Ou encore Kant et son idéalisme transcendantal, un peu différent, qui supposait bien un absolu en ce sens, les choses en soi, celles qui sont indépendantes de nos représentations, mais qu’on ne peut connaître. Bien qu’il s’en défende, Meillassoux semble faire aussi partie de cette grande famille, lui qui pense qu’il est possible que le monde disparaisse d’un instant à l’autre ou que le la tour Eiffel s’écroule contre le ciel, puisqu’il n’y a de nécessaire que la contingence… C’est bien un idéaliste en ce sens, puisqu’il ne croit pas que nous puissions connaître quoi que ce soit au sujet de la forme du monde, puisqu’elle n’en a pas. Nous ne pourrons donc connaître que l’absolu de nos pensées, où le principes de non-contradiction et du tiers exclu sont entendus comme des absolus de la pensée ou de l’intuition, et non pas du monde. Quoi qu’il en soit, il me semble que ces absolus-là ne sont pas conciliables avec (a’) l’absolu selon lequel il n’y a rien d’absolu (sinon celui-là…).

Par conséquent, sinon la pensée de Meillassoux, à propos de laquelle j’ai émis quelques ignorantes réserves, je n’arrive pas à faire coller ton énoncé (a), même modifié en (a’) «Il n’y a pas d’absolu sinon (a’)», avec les autres sens trouvés du mot absolu. La version qui faisait de l’absolu un synonyme de vérité me semble prêter le flanc aux sérieuses objections que j’ai dressées. Si c’est toutefois la version qui te semble la bonne, alors à mon sens, tout ce que je raconte depuis le début est une pure fiction (qui n’en est pas une du coup) dans le monde de (Om̐), monde dans lequel rien d’autre que ce que dit (Om̐), n’existe réellement.

Je serais curieux, comme je te l’ai dit, de savoir comment tu te représentes ces choses et te prie par avance de me pardonner, si je n’ai pas compris ce que tu voulais dire quand tu as suggéré (a). Peut-être que (a) n’était que la seule conséquence absolue de quelque chose de contingent, en un sens de «conséquence» et de «contingent» que tu dois encore m’aider à comprendre ou voir. J’ai bien conscience de ne pas avoir exploré toutes les pistes possibles, mais j’ai l’impression d’avoir écarté dans mon analyse quelques interprétations, peut-être les miennes, qui ne me paraissent pas tenir debout.

Platon, Ménon 98b
Platon, Ménon 98b, traduction : Monique Canto-Sperber

En ce qui concerne ma propre représentation ou fiction (que j’emprunte en partie à mon ami imaginaire Socrate et à l’esprit de mon ami Ferdinand Gonseth2 ), elle m’incline, avec le soutien de l’expérience, à croire fermement aux énoncés suivants et à leurs multiples implications:

1) Le principe de non-contradiction

2) Le principe du tiers exclu 

(avec quelques réserves dont je te passe les détails).

3) Ce qui est impliqué par un énoncé vrai est vrai.

4) Il y a une différence entre connaissance et opinion 

(car toutes deux peuvent être vraies, mais seule la connaissance possède une justification).

Je crois en effet que ces principes sont féconds, au sens précis où ils permettent de repérer des contradictions dans nos propres opinions, ou entre nos opinions et nos actes. Ils fondent la possibilité de l’entente et du différend. Dans le dialogue intime ou partagé des hommes, ils font apparaître de plus en plus clairement, font comprendre toujours mieux, font prendre toujours plus conscience qu’on ne connaît rien d’important. Sur tous les sujets dont les hommes disputent, il apparaît ainsi que rien n’est définitivement acquis ni justifié absolument. L’absolu de mes quatre énoncés se fonde donc uniquement sur l’ouverture qu’ils offrent et les quelques progrès qu’ils permettent de faire à celui qui veut penser et agir librement. Ils permettent de développer des possibilités logiques qui sont autant de mondes dont on peut sonder les fabuleuses implications. Ils ne s’adossent à mon sens à aucun autre pouvoir contraignant que celui qui conduit nécessairement les hommes, dans leurs contextes respectifs, à comprendre leurs oppositions et leurs tensions, afin de leur découvrir ou inventer une forme harmonieuse qui, justement, les comprend. C’est la raison pour laquelle le caractère fictif ou véritable de ces énoncés importe peu. C’est dans leur rôle de fondations pour tout échafaudage commun qu’ils remplissent leur véritable fonction. Voilà pourquoi j’y tiens, voilà pourquoi je voulais t’en parler si longuement.

En espérant que ma discussion de ton opinion ne t’a pas fait perdre plus qu’elle ne t’a apporté, je te souhaite un beau mois de septembre, te remercie pour tes conseils et me réjouis par avance de nos prochaines rencontres. 

Niklaus von Q

 

Notes : 

1. « Dans ce court essai, Carlo Rovelli s’interroge sur la notion d’espace et de temps et discute des tentatives de réponses apportées par les théories anciennes et actuelles : relativité générale, mécanique quantique, gravité quantique, cordes et autres boucles…En livrant ses réflexions de physicien qu’il lie intimement à son parcours personnel, ses déboires et ses succès, Carlo Rovelli témoigne de ce que sont la science et la mission du chercheur.» (Carlo Rovelli – entretien avec http://www.chasseursdhorizons.fr)

2. «Ferdinand Gonseth est né à Sonvilier, le 22 septembre 1890, huitième d’une famille de neuf enfants. Il suiti l’école secondaire à Saint-Imier, puis le Gymnase à La Chaux-de-Fonds. Aveugle dès son adolescence, il poursuivit néanmoins ses études pour obtenir le diplôme de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), en section mathématique et physique. Il fut honoré d’un titre de privat docent. De 1919 à 1929, il enseigna les mathématiques à l’Université de Berne. De 1929 à 1960, il fut chargé par l’EPFZ de l’enseignement de l’analyse des fondements de la géométrie et de la philosophie des sciences.

Il a publié plusieurs autres ouvrages important : «La géométrie et le problème de l’espace» (1945-55), «Le problème du temps» (1964), «Le référentiel» (1975), ainsi que plus de deux mille pages d’articles dans diverses revues scientifiques.

Ferdinand Gonseth créa en 1947, avec Gaston Bachelard et Paul Bernays, une revue internationale de philosophie de la connaissance, intitulée «Dialectica».

Il disparaît le 17 décembre 1975. » (cette notice accompagne cette archive de 1969 de la RTS dans laquelle on peut voir écouter sa femme parlant de lui ainsi que l’exposé de ce qu’il en entend par «philosophie», vers 7’40 »)

On profitera aussi de lire sa loi du dialogue sur le site de l’association qui lui est consacré.